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La sagesse d’enfanter / Secrétaire : le mythe a la vie dure / Travailler dans la dentelle / Blouse blanche au masculin La sagesse d’enfanter
Stéphane Malardier se considère comme un privilégié. Partager au quotidien la magie d’une naissance. Contribuer à ces moments de vie extraordinaires. Homme ou pas, sage-femme est une vocation.
Doit-on vous appeler sage-homme ? Non, je suis « un sage-femme ». On peut aussi utiliser le terme de maïeuticien, mais autant faire simple. Quand je pratique, je me considère comme asexué. Ce ne sont pas les mains d’un homme qui exercent mais celles d’un professionnel de la santé, tout comme un gynécologue. Cela ne m’empêche pas de redevenir homme pour être papa et mari à la maison. Beaucoup me posent la question de l’expérience proprement féminine de la maternité. Il suffit d’expliquer que mes compétences ne se mesurent pas à mon vécu. Un cardiologue devrait-il avoir des problèmes cardiaques pour être reconnu ?
Comment avez-vous découvert ce métier ? Au départ, je souhaitais me diriger vers la kinésithérapie. Mais j’ai souhaité faire un stage pour mieux connaître la profession de sage-femme. Et j’ai été conquis ! Une naissance surpasse en intensité tout ce qu’on peut connaître. Même après 10 ans d’expérience, j’exerce avec autant de plaisir.
Les patientes sont-elles gênées ? Très rarement, et essentiellement pour des causes religieuses ou de pudeur. L’important est de leur laisser le choix. Sachez que certains couples m’appellent justement parce que je suis un homme, par exemple, lorsqu’ils ont eu une mauvaise expérience avec une sage-femme.
Le métier séduira-t-il de plus en plus d’hommes ? Je l’espère. Jusqu’en 1982, le concours était interdit aux hommes. Depuis, le métier se masculinise lentement. Aujourd’hui, nous sommes probablement 200 sur toute la France. Mais le mouvement devrait s’accélérer avec la réforme de la formation. Car aujourd’hui, on choisit d’être sage-femme après une première année de médecine, en fonction de son classement. Auparavant, il fallait passer un concours dédié.
Laure Marcus @keljob.com
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